vendredi 18 juin 2010

lundi 14 juin 2010

Un programme en souvenir


Afin de garder une trace écrite de notre accomplissement d'hier, voici le programme du concert en deux versions :

La première, permet de produire une brochure en imprimant recto-verso, sur papier 8,5 x 14, les pages 1 et 2 puis 3 et 4.

La deuxième, présente les pages dans l'ordre où elles apparaissent quand la brochure est assemblée.

(Merci, Michel)

Et bravo à toute la chorale pour son courage et sa ténacité. Ça en valait vraiment la peine!

lundi 17 mai 2010

Warum ist das Licht gegeben

Pour composer l'un de ses plus beaux motets a capella, Brahms a réutilisé une grande partie du matériel sonore prévu à l'origine pour sa Missa Canonica (1856). Ce motet créé en 1877 est un assemblage de passages bibliques ( Job, Les Lamentations, Jacques ainsi que le Nunc Dimitis de Luther. )

Source: Grove Music Online



Autre version disponible sur Youtube.

Le texte en allemand

1. [SATB]
Warum ist Licht gegeben dem Mühseligen und das Leben den betrübten Herzen? Warum?
Die des Todes warten und kommt nicht und grüben ihn wohl aus dem verborgenen;
die sich fast freuen und sind fröhlich, daß sie das Grab bekommen. Warum?
Und dem Manne des Weg verborgen ist, und Gott vor ihm denselben bedecket? Warum?

2. [SSATBB]
Lasset uns unser Herz samt den Händen aufheben zu Gott im Himmel.

3. [SSATBB]
Siehe, wir preisen selig, die erduldet haben.
Die Geduld Hiob habt ihr gehöret, und das Ende des Herrn habt ihr gesehen;
denn der Herr ist barmherzig und ein Erbarmer!

4. [SATB] (Choral)
Mit Fried und Freud ich fahr dahin, in Gottes willen,
getrost ist mir mein Herz und Sinn, sanft und stille.
Wie Gott mir verheißen hat, der Tod ist mir Schlaf worden.

(Source: ChoralWiki)

Traduction (français)

Pourquoi donner à un malheureux la lumière et la vie à ceux qui ont l'amertume au coeur
qui aspirent vers la mort sans qu'elle vienne, fouillent à sa recherche plus que pour un trésor?
Ils se réjouiraient en face du tertre funèbre, exulteraient s'il atteignaient la tombe.
Pourquoi ce don à l'homme qui ne voit plus sa route et que Dieu cerne de toutes parts ?
(Job 3/20-23)

Élevons nos coeurs et nos mains
vers le Dieu qui est au ciel
(Lamentations Jérémie 3/41)

Voyez: nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance.
Vous connaissez la constance de Job
et vous avez vu le dessein du Seigneur;
car le Seigneur est miséricordieux et compatissant.
(Jacques 5/11)

Je m'en vais dans la paix et la joie, selon le voeu du Seigneur
Mon coeur et mon âme sont en confiance
paisibles et tranquilles.
Comme Dieu me l'a promis,
la mort est pour moi devenue sommeil
(Martin Luther)

English translation

Why let men go on living in misery?
Why give light to men in grief?
They wait for death, but it never comes;
they prefer a grave to any treasure.
They are not happy till they are dead and buried;
God keeps their future hidden
and hems them in on every side.
(Job 3.20-23)

Let us open our hearts
to God in heaven and pray.
(Lamentations 3.41)

We call them happy because they endured.
You have heard of Job's patience,
and you know how the Lord provided for him in the end.
For the Lord is full of mercy and compassion.
(James 5.11)

In peace and joy I pass away, as God wills,
My heart and senses are comforted, gently and silently.
As God promised me;
death has become sleep for me.
(Martin Luther)

La partition se trouve ici.

Warum ist das Licht gegeben den Mühseligen
Lasset uns unser Herz samt den Händen aufheben
Siehe wir preisen selig, die erduldet haben
Mit Fried und Freud ich hahr dahin

Lobet den Herrn, alle Heiden

Voici le motet BWV 230 de Jean Sebastien Bach. Il s'agit d'une version interprétée par le Stockholm Bach Choir.





J'aime aussi beaucoup celle du Scholars Baroque Ensemble (sur étiquette Naxos). Comme c'est un ensemble de solistes, on distingue bien les voix et on entend bien les paroles. C'est également une interprétation plus lente que la précédente. Les abonnés de la Bibliothèque nationale du Québec (La Grande bibliothèque) peuvent l'écouter intégralement sur le site de Naxos Musoc Library à partir du lien suivant. (Vous n'avez qu'à entrer votre numéro d'abonné et votre mot de passe au moment opportun. Sur la page de Naxos, cocher la pièce de votre choix et cliquez sur "play selections" dans la colonne de gauche.)

La partition se trouve ici

Les fichiers MIDI (en voix séparées) se trouvent sur la page de Cyberbass.

Texte
Lobet den Herrn, alle Heiden,
und preiset ihn, alle Völker!
Denn seine Gnade und Wahrheit
waltet über uns in Ewigkeit.
Alleluja.

Traduction
Louez le Seigneur, vous nations éloignées
et célébrez-le, vous tous les peuples !
Oui, vraiment, sa fidélité est plus forte que nous et sa vérité est
promise pour tous les temps !
Alléluia !

Praise the Lord, all the heathens
And celebrate him, all the peoples!
For his grace and truth
Reign over us for ever.
Alléeuia !

Pour finir, une autre version du choeur de la Radio Suisse.

mercredi 21 avril 2010

Le Magnificat de Monteverdi

Le Magnificat de Monteverdi, publié en 1610 et dédicacé au pape Paul V fait partie du « Vespro della Beata Vergine da concerto ». Cette œuvre pourrait avoir été créée en guise de portfolio pour démontrer son talent et sa versatilité à composer des œuvres musicales religieuses dans différents styles. Il pourrait aussi avoir été destinée à l'inauguration d'un nouvel ordre de chevalerie à Mantoue (sous Vincent de Gonzague, son mécène ). Ref. Tim Carter and Geoffrey Chew. "Monteverdi, Claudio.", Oxford Music Online.

Monteverdi reprend ici le modèle grégorien du Magnificat (chant antiphonique à l’origine) en articulant sa structure générale sur un cantus firmus qui migre d'une voix à l'autre au gré des passages. Il est en général accompagné par deux autres voix chantées (6 ou 7, à deux autres occasions) lesquelles sont par moments remplacées par les instruments. Il en résulte un heureux mélange de plain chant, polyphonie et instruments.

Certes, Monteverdi s’appuie sur la tradition mais exploite et récapitule également les tendances musicales de son temps en mettant notamment en pratique les principes de la seconda prattica (par ex. primauté du texte sur la musique et contrepoint plus libre). Comme dans son opéra Orfeo, il réserve les mélismes à certaines occasions (en lien avec Dieu) par ex. sur les mots «exulta» «Deo», «sanctum» et «Gloria». Il met en valeur le texte par la musique (mais aussi par le rythme qui épouse celui du langage parlé) et exploite leur potentiel émotif. On observe de nombreux effets d'écho (notamment dans «Deposuit potentes» ( répétition dans la partie des cornets) ainsi que dans «Gloria Patri» où s'opère un jeu d'écho entre le ténor et la basse) . À quelques reprises, des passages instrumentaux, utilisés comme transitions permettent au texte de respirer. Chacun des versets du texte original est mis en musique dans une partie distincte qui contraste avec la suivante et qui correspond à la « théorie des passions » en vogue à l’époque. (Par ex. la partie «Magnificat» est humble et tranquille tandis que le «Et exultavit» s’avère plus agité pour exprimer l’exaltation religieuse. Même s'il y a alternance de moments calmes et agités, l'œuvre progresse somme toute vers un sommet majestueux (Sicut erat) où foisonnent une profusion de voix qui se superposent et se mêlent aux instruments. Sur le mot «amen», les mélismes des voix des sept solistes traduisent une allégresse rythmée qui contraste avec l'aspect solennel de la Création du monde.


La partition se trouve ici.

Illustration : La Visitation, Rogier van der Weyden, vers 1435

(J'ai rédigé ce texte pour mon cours à l'U de M. J'ai tellement aimé ce Magnificat, que j'ai eu envie de vous le faire connaître...si ce n'est déjà fait...)

Et voici la musique (pour une écoute en ligne)


Claudio Monteverdi (1567-1643) : Vespro della Beata Vergine
2 CD Naïve OP30405.

Avec :
Roberta Invernizzi, Monica Piccinini, Anna Simboli (sopranos)
Sara Mingardo (contralto)
Francesco Ghelardini (alto)
Vincenzo di Donato, Luca Dordolo, Gianluca Ferrarini (ténors)
Pietro Spagnoli, Furio Zanasi (barytons)
Antonio Abete, Daniele Carnovich (basses)

Concerto Italiano, direction : Rinaldo Alessandrini.

Enregistré en avril 2004 au Palazzo Farnese, Rome. TT : 1h45’27’’

jeudi 1 avril 2010

Chorale virtuelle

Fervent de la musique de Debussy, Ravel et Bach et inspiré par celle de Morten Lauridsen, Arvo Pärt mais aussi des Beatles et de Queen, le compositeur californien , Eric Whitacre élabore des pièces chorales à la fois modernes et accessibles. Son disque « Cloudburst » publié chez Hyperion (en 2006) a mis au jour son talent et lancé sa popularité. «J'essaie d'écrire, sans compromis, pour divers types de chanteurs. Mon but est que, même si cela apparaît difficile, cela soit assez simple à chanter. Mais, oui, il y a aussi certaines pièces pour des choeurs professionnels» a-t-il confié à La Presse l’été dernier.

«Le chant choral est avant tout un moment humain d'une grande beauté. C'est aussi une vaste sous-culture qui gagne en popularité depuis 10 ans. Aujourd'hui, un Américain sur 12 fait partie d'un ensemble

Adepte des nouvelles technologies, il a créé sur YouTube un choeur mondial virtuel avec sa pièce Sleep! Il réitère ici l’expérience avec «Lux Aurumque» ( une suggestion de Chantal ), autre composition originale interprétée par 185 chanteurs disséminés dans douze pays. Tout un travail de mixage et de montage! Vous pouvez voir les dessous de la production de cette performance virtuelle sur le blogue du compositeur (instructions du chef, auditions etc.)

Sources :
Eric Whitacre, le renouveau du chant choral, Le Devoir, 2 juillet 2009, p. b7
Eric Whitacre, star du chant choral, La Presse, 20 juin 2009, p. ARTS SPECTACLES7

Le site d'Eric Whitacre
















Concert du 20 mars 2010
Photo: Gilles Brunet
http://gillesbrunet.ca/